Guide — fiscalité d’acquisition

L’engagement de revendre (article 1115 du CGI)

C’est le mécanisme qui donne au marchand de biens ses frais d’acquisition réduits : en s’engageant à revendre sous 5 ans, les droits de mutation tombent à 0,715 %. Mode d’emploi et précautions.
Mis à jour : septembre 2026Sources : CGI · BOFiP · jurisprudence (Conseil d'État, CJUE)

Le principe

En prenant, dans l’acte d’achat, l’engagement de revendre le bien dans un délai déterminé, le marchand de biens bénéficie d’une taxe de publicité foncière réduite : 0,715 % du prix, contre environ 5,80 % de droits de mutation en droit commun. Sur un achat à 200 000 €, l’écart représente plusieurs milliers d’euros. C’est l’un des principaux leviers de rentabilité d’une opération.

Les délais à respecter

5 ans

Délai de droit commun pour revendre le bien.

2 ans

En cas de vente par lots après division (vente à la découpe).

Le risque en cas de non-respect

Si le bien n’est pas revendu dans le délai, l’engagement n’est pas tenu : les droits de droit commun (~5,80 %) redeviennent exigibles, généralement avec intérêts de retard. Avant de prendre l’engagement, il faut donc être raisonnablement certain de pouvoir revendre à temps — un point que la banque examinera aussi dans votre dossier de financement.

Notaire ou avocat : qui rédige l’engagement de revendre ?

Le notaire. L’engagement est une clause de l’acte d’achat : le notaire la rédige, applique le taux de 0,715 % dans son décompte et déclare l’engagement à l’administration. Il n’y a pas de formalité à faire de votre côté, sinon le lui demander avant la signature, car un engagement ne se rajoute pas après coup.

L’avocat fiscaliste intervient en amont ou en cas de litige. Il est utile quand la qualification de l’opération fait débat (travaux lourds qui rendent le bien « neuf », division en lots, changement de destination), quand le délai de revente risque de ne pas être tenu et qu’il faut anticiper la régularisation, ou lors d’un contrôle sur une opération ancienne. Pour une opération classique d’achat, rénovation légère et revente sous cinq ans, le notaire suffit.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que l’engagement de revendre (article 1115 du CGI) ?

C'est l'engagement, pris dans l'acte d'achat, de revendre le bien dans un délai de 5 ans. En contrepartie, les droits de mutation (DMTO) sont réduits à 0,715 % du prix, au lieu d'environ 5,80 % en droit commun. C'est un avantage fiscal majeur du marchand de biens.

Quel est le délai de l’engagement de revendre ?

5 ans en principe, à compter de l'acquisition. Ce délai est ramené à 2 ans en cas de vente par lots après division (vente à la découpe). Si le bien n'est pas revendu dans le délai, l'avantage est remis en cause.

Que se passe-t-il si je ne revends pas dans les délais ?

L'engagement n'est pas tenu : les droits de mutation de droit commun (~5,80 %) deviennent exigibles rétroactivement, généralement assortis d'intérêts de retard. Il faut donc sécuriser sa capacité à revendre dans le délai avant de prendre l'engagement.

Faut-il un avocat pour un engagement de revendre ?

Non. L'engagement de revendre est une clause de l'acte d'achat, rédigée par le notaire, qui applique le taux réduit et le déclare à l'administration. Un avocat fiscaliste devient utile dans trois cas : un doute sur la qualification de l'opération (travaux lourds, division, changement de destination), un délai qui risque de ne pas être tenu, ou un contrôle fiscal sur une opération passée.

Engagement de revendre ou engagement de construire ?

Ce sont deux régimes différents. L'engagement de revendre (art. 1115 CGI) vise la revente en l'état dans 5 ans, avec DMTO à 0,715 %. L'engagement de construire vise la réalisation de constructions dans 4 ans, avec une taxe de publicité foncière fixe. Le choix dépend de la nature de l'opération.

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